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Erwin schrijft

Erwin schrijft

Verhalen in een notendop, confessies uit de boudoir, curiositeiten, statements, woede en liefde.

Alors il m'a écrit...

Alors il m'a écrit...

Mon cher et tendre amoureux,

C’est une lettre dont je ne sais pas si je vais la déchirer avant de te l’envoyer, si je ne vais pas regretter de l’avoir postée, une lettre de celles que l’on regrette.. comme je regrette mon départ. On l’écrit quand-même puisque c’est le seul instant où l’on peut l’écrire, même si, au moment où l’on écrit, on a déjà conscience du ridicule de l’écrire. On quitte l’autre puisque c’est le seul instant où l’on peut partir et que l’on regrette d’avoir quitté ce qu’on aime.

Pardonne-moi.

Je n’ai rien pour défendre ma décision que je regrette de jour en jour, si ce n’est peut-être humain d’envier le bonheur d’autrui quand on se sent seul et minable et quand on n’est pas tellement sûr de soi, quand les crises d’angoisse prennent le dessus, quand la crise d’avoir atteint ses 40 ans secoue toute votre existence, quand les décisions irréfléchies ébranlent vos certitudes et vos acquis. Je me sens incroyablement seul avec ma propre merde et j’ai beau à lutter comme une brute, je ne cesse de me rappeler que tu n’as de cesse de faire des démarches vers moi et que moi, je n’arrive pas à me dire autre chose que j’aurai voulu rester celui qui faisait des choses pour toi. Quel dommage.

Pardonne-moi.

De mon côté, je sais aussi que je peux être écrasant, égoïste, incapable de te suivre, infidèle à mes heures et mes envies charnelles, que tu m’envies aussi mais toi, tu es capable de ne pas montrer tout cela, tu ne gâches pas mon plaisir alors que moi, par mon absence et ma décision de te quitter, j’ai gâché une partie de notre vie à deux. Tu voulais parler, trouver des solutions, mes portes sont restées fermées parce que je suis incapable de parler, je suis incapable de parler de moi. Je n’arrive même pas à te dire un simple je t’aime, pour moi c’est la chose la plus dure à dire.

Pardonne-moi.

Je m’arroge pourtant le droit de t’écrire, malgré tout, que je t’aime plus que quiconque. Comment on ne peut pas t’aimer, toi…. J’ai été incapable de bien vivre le fait que tu sois là où je crois que mes désirs, ma motivation acharnée, mes idées et mon impatience, mon incapacité de parler et de montrer mes émotions auraient dû me placer si je m’y étais pris mieux et à temps. J’aurais peut-être été capable de te dire que je t’aime.

Pardonne-moi.

J’ai été nul en rendant tes clefs. J’ai coupé le seul lien qui nous restait pour se trouver des excuses de se voir et de ressentir le désir de se reparler. J’ai été nul et je le serai encore. Ce sera à toi de choisir, à te lasser de moi, de nous ou non. Je ne peux rien y faire, j’ai raté des occasions d’apprendre à gérer, j’ai crevé d’envie d’être là où tu m’avais dit que tu étais heureux d’être et je n’ai pas été capable de bien le vivre. Je suis minable d’avoir été incapable de t’aimer comme toi tu m’aimais : sans conditions, sans être emprisonné, libre, respectueux et surtout avec le désir de construire ensemble un pont commun vers notre mort. Me voilà devoir mourir seul dans mon petit appartement un jour, sans toi, sans rien, sans personne puisque j’ai été con. J’aurai voulu, comme toi tu le voulais aussi, vieillir ensemble avec toi, comme ses amants dans les chansons de Jacques Brel que tu connais par cœur et que tu me chantais souvent quand on avait un peu bu.

Pardonne-moi.

J’ai essayé, durant des jours, des semaines, des mois, de dire que je ne m‘en sortais pas. L’angoisse m’accompagnait à tout instant. Mille fois tu as essayé de me sauver, de me ramener à la vie mais j’ai toujours refusé puisque trop orgueilleux, peu généreux et mal aimant. C’est peu honorable alors que je t’ai vu tout faire pour moi et pour nous. En rendant la clef, je n’ai laissé aucune porte ouverte et j’ai fort mal répondu à tes gestes quand on s’est vu la dernière fois.

Je suis désolé.

Arriverai-je un jour à être un être simplement humble et purement aimant ? Pas avec les autres en tout cas. Oui, je vois quelqu’un mais il est à des lumières de kilomètres de ce que toi tu sais faire en amour et en étant amant. Il ne sait rien. Et je voudrais qu’il ne vienne plus mais je n’arrive pas à lui dire. C’est toi qui est dans ma tête, dans ma chair et sous ma peau. Avec toi, je me sentais bien. Tu sais aimer, tu sais ce que c’est l’amour et dans ma foutue fierté j’ai tout rejeté. Quand on aime, on protège l’autre et je savais que je devais te protéger. Je ne l’ai pas fait. Du moins pas assez. Je voudrais te dire, au moins, que je m’excuse et cela n’a sans doute pas grand sens. Je sais que tu garderas des traces dans le visage et dans les yeux, je sais que j’en garderai aussi. Il y aura des fissures. Que puis-je faire…

Je termine ma lettre avec l’envie de t’écrire que je t’aime et que, si tu m’aimes aussi, si tu m’aimes peut-être encore un peu, tu aimes quelqu’un qui n’en vaut pas réellement la peine, mais je serai touché.

Tout mon amour,

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