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Erwin schrijft

Erwin schrijft

Verhalen in een notendop, confessies uit de boudoir, curiositeiten, statements, woede en liefde.

Le temps est assassin

silly_walks_1302.jpgQuelque chose me manque, quelque chose m’échappe. Quelque chose que jadis je maîtrisais et qui a disparu par le simple fait que le temps et sa propre vie passent.


 

Quelque chose manque, mais quoi ? Avant, je regardais le futur avec de l’espoir dans mes yeux séchés et avec un sourire bienfaisant sur les lèvres vers le futur, le futur qui est ce temps dans lequel je me trouve en ce moment. Pourtant, ce temps est rempli de vide, rempli d’une vie qui ne s’est jamais présentée à moi. Un devenir auquel j’ai échappé, battu par le sentiment de l’invincibilité de sa jeunesse et les problèmes de luxe si futiles, écrasé par l’incontournable fluidité du temps, de l’espace et de l’être. La tête épuisée sous la poignée tendue d’un moral omni-destructeur.


 

La folie. Je pendule entre mes vision humaines, mon être terrestre et les normes de société qui enlèvent toute liberté : c’est comme ça qu’il faut faire, c’est là que tu dois être, il faut il n’y a qu’à, reste dans le moule.


Torturé entre sa propre identité et l’identité d’une société violée, je ne retrouve plus cet endroit de sérénité. L’utopie est absente. L’utopie n’est plus. La fin d’un moment, comme tout autre moment, fait revivre l’utopie mais cette théorie ne tient pas debout. La vie se pratique chaque seconde.

 

Qu’est-ce qui manque ? Une existence. Ordre. Qui est-ce qui manque ? Lui. Les amis, les amies, les collègues, la famille. Ma patrie. La musique avec ses paroles, la musique sans ses paroles. Des textes écrits pour une musique et des textes écrits tout court. Des livres, des magazines. De l’eau chaude – le bonheur simple d’un bain chaud et aromatisé. Des cigarettes, du vin, la surprise de recevoir des lettres et de l’amour.


Aujourd’hui je vis le moment où d’antan je projetais des vies différentes. Quelle déception profonde. Je pouvais être si surpris, je pouvais regarder le futur sans même me rendre compte que je pouvais être surpris puisque je l’étais à chaque rencontre, à chaque porte que j’ouvrais, à chaque baiser, à chaque sourire. Même si je l’avais déjà mille et une fois, je restais surpris. J’étais insouciant, certes, avec un grain de peur devant tant de nouvelles histoires mais ce n’était jamais de l’angoisse. Je ne me rendais pas compte que tout pouvait changer en un rien de temps et par inadvertance. Le temps court un véritable marathon, je n’arrive plus à m’accrocher aux aiguilles de l’horloge ou sur les espaces vides sur le calendrier. Le temps du maintenant n’offre plus que des attentes désespérées puisque les choses doivent être faites dans l’ordre, dans ce qui est attendu, dans la vitesse et dans la  froideur effrayante de notre époque.


Je reste surpris en m’arrêtant aujourd’hui un moment et je cherche à récupérer ce qui est récupérable de cette vie brûlée.


L’avant et le maintenant… Now and then, hier en nu. Disparu sans avoir rien vu ni ressenti. Comment faire maintenant ? Ne serait-il pas mieux de vivre en folie que de vivre dans des zones bien définies et où chacun reste un menteur ? Où les amis de nuit sont des bons amants. Où les alcools ne saoulent plus. Le temps est tout et tout le monde, tout le temps. Le temps est un souvenir constant à hier et à demain. Le temps te guète me guète. Tant besoin de temps. Ne pas perdre son temps. Un jour, une semaine, un mois. Des années et leurs saisons. Et regarder avec des grands yeux ouverts les masques du temps et de le vivre, ce temps. A fond. Oui, tu ne sauras jamais que je t’aime.

 

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