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Erwin schrijft

Erwin schrijft

Verhalen in een notendop, confessies uit de boudoir, curiositeiten, statements, woede en liefde.

Ma folie imaginaire

C’est à la limite atteinte de ce qui reste supportable que je rencontre la folie tant redoutée. Passé ce stade, je sais que je serai perdu à jamais, atteint pour la vie, cicatrisé, marqué et abîmé. C’est dans la folie que l’homme se détruit, que c’est à ce moment-là que plus personne ne vous comprendra encore si ce n’est que pour dire : il ne va pas bien, il faut le laisser, il est devenu fou.


Une solution : le détachement.


La folie est un état que je refuse. Je veux me préserver d’un retrait de la vie. Je m’arrête tout juste devant cette folie, je piétine, je m’interroge. Il est tentant de céder à l’abandon mais puisque personne ne vient à votre aide, sauter n’est pas une option. J’abandonne mon combat pour toi. Je préfère ne plus savoir où aller, ne plus savoir où être, comme quand on traverse les grands boulevards à Paris sans regarder à gauche ni à droite, prendre le train et aller à la mer plus tard dans la journée, à quelque temps seulement d’un coucher de soleil, marcher dans l’eau, les pieds nus, avancer jusqu’à ce que l’eau arrive aux genoux. Ces genoux qui portent les marques et les blessures d’une enfance insouciante, l’eau qui arrive jusqu’au sexe qui porte l’absence de ton corps entier. Puis jusqu’au ventre tant caressé par tes doigts fins, symbole de toute la tendresse que tu portes en toi. Et puis le buste et les épaules sur lesquelles nous avons posé nos têtes, nos amours, nos histoires, notre vie, nos envies, nos êtres, notre être, nos pleurs, nos angoisses, non non-dits, notre confiance. Et puis l’eau monte jusqu’à la tête. Je n’entends plus les cris bien-attentionnés des gens sur la plage « Au secours ! Sauvez-le ! », le bruit de 1000 moteurs autour, les maîtres nageurs avec leur préoccupation de l’autre et un certain reproche dans leurs yeux, les pompiers avec leur regard droit et protecteur, un peu comme un grand frère. Je vis la noyade. Plus rien ne m’importe encore. L’effondrement a eu lieu bien avant la noyade et qui n’est que l’acte final, la mise en scène et la folie atteinte.

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Puis c’est l’effacement. L’indifférence. L’inexistence. L’invisibilité. L’amour perdu comme Le Paradis perdu. Je suis seul, si seul… ne plus savoir où en être. L’éternel va-et-vient du oui-non, du oui et du non, je reste, je pars, aujourd’hui, ou bien dans une semaine, ou peut-être que je reste. Peut-être je pars pour toujours. J’ai dit ceci ? mais je voulais dire cela. Je l’ai dit ainsi mais j’ai voulu le dire autrement. Oublie. Souviens-toi. Ce que je dis et ce que je pense. Pourquoi ? Pourquoi pas ? J’acquiesce. D’accord ou pas d’accord. Oui ou non. A midi ou à vingt heures. Le matin. Le soir. Le jour. La nuit. Le rouge. Le noir. Le blanc. L’innocence et la culpabilité. Le monde, les gens. L’amour, l’amitié. Le geste de consolation et le couteau dans le dos. L’interprétation et le concret. Le livre, le manuscrit. Le livre, la chanson. Entre le silence et le bruit il y a le son, l’équilibre. Entre le problème et la solution il y a le choix. S’en aller ou ne pas s’en aller. La femme à bitte. Le mec sans couilles. L’alcool, la drogue. Une limonade pour trois. Ne plus savoir où en être ni avec qui et ni comment.

 

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A cette limite je perdrai la tête et la raison. Un mélange explosif de l’émotion et du rationnel. La tête pleine sans trop savoir de quoi elle est remplie. Etrange mélange. C’est sans doute pour cette raison que ma tête ne se relève plus. Je ne regarde plus les étoiles, je ne vois plus la beauté de la lune. Je ne regarde plus les étoiles dans tes yeux, je ne vois plus la beauté de tes yeux. J’accueille un vieil ami à moi, le chagrin du Nord. Il saura me consoler. L’éclat de tes yeux, je suis certain, il existe encore, si seulement je voudrais regarder. Un regard d’enfant qui demande à être consolé. L’éclat de tes yeux n’est pas éteint mais je ne peux plus regarder. J’y vois notre vie, notre paradis retrouvé le temps d’un baiser et finalement perdu.


Alors je t’invente. Je t’invente des modes de vies, des maladies, des folies, des perversions, des mensonges. Je t’imagine être l’objet si désirable d’un autre amour et d’un autre désir sexuel dans des endroits sombres et sans vie où les gens prennent leurs fantasmes pour réalité. Tu es leur objet, tu hurles de plaisir. Le plaisir d’être humilié devant tant de virilité brutal et de brutalité virile. Tu es le sexe, tu es la jouissance interdite et libérée, tu es leur porno qu’ils matent, tu es leur fantasme qu’ils n’osent pas avouer, tu es leur plaisir charnel, rien que pour eux, tout pour eux et rien pour moi. Je t’ai tellement inventé, je t’ai tellement imaginé.


T’inventer c’est te suivre et m’effacer. Je t’invente dans ma vie. Une vie qui est devenue un partage. Une vie comme une table à trois. Il y aura toujours une chaise pour un autre. Je t’ai imaginé beau, brillant, attendrissant, incroyablement intelligent, un homme qui mène son combat contre les injustices de ce monde. Je t’ai imaginé de loin tout comme de près. Dans l’absence et dans le présent. Dans l’amour et dans l’abandon. Je t’ai imaginé…


… à tel point que je ne m’imaginais plus, alors que l’imagination a toujours été une force pour moi. Elle est mon moteur de vie, l’essence et l’essentiel de mon équilibre. Elle me permet de rester fou, de penser à toi, de rendre ma vie folle et joyeuse. Mais découcher je ne peux pas imaginer.


Je pars.


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