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Erwin schrijft

Erwin schrijft

Verhalen in een notendop, confessies uit de boudoir, curiositeiten, statements, woede en liefde.

Résurrection

Je marche sur les cendres de toutes les pertes, je fouille à genoux dans les restes et je noircis mes mains. Pour rien. Pour personne. Sur ces cendres noires, mon visage pleure et a perdu son éclat. Mes  larmes me rendent mort.


Ma tête est devenue un cadavre, mon corps un outil à prendre par tout ce qui traverse son chemin. Les gens ne se caressent plus. Ils fouillent. Comme moi. Ils cherchent. Comme moi. Ils perdent. Comme moi. Ils ne savent plus trop. Comme moi. Pourtant, comme moi, ils voudraient bien. Mais trop de blessures les a rendus impuissants à la vie et à la résurrection. Comme moi. Alors oui, on fouille.


Pourquoi encore aller de bar en bar ? Le rêve doux de la rencontre inattendue s’éclate en mille morceaux à la simple pensée à toi. Le joli garçon au comptoir qui veut te connaître, devient inaccessible, l’autre devient embarrassant même. Je cherche à me refugier dans l’imaginaire : tes mots, ton silence et ton absence.


Ne pas aller de bar en bar me rend triste et me renvoie à la case des non désirés, des moches, des inapprochables, des trop ceci et pas assez cela. Ne pas correspondre aux critères. Le « désolé, ça ne va pas se faire ». Vouloir baiser avec un inconnu réduit à « qu’est-ce que tu veux boire » et qui met mal à l’aise.


Rester à la maison, c’est exclure toute autre rencontre, qu’elle soit d’un soir, ou même pas un soir d’ailleurs, juste le temps de verser ce qu’il y a à verser. C’est exclure un regard, c’est définitivement éteindre les étincelles d’un « tu me plais, j’ai envie de toi ».


Aller de bar en bar, c’est rencontrer les mauvaises personnes. Des gens bien, certes. Mais pas celui-ci ni celui-là. Et les gens m’ennuient.


Fouiller dans mes cendres, c’est te traîner dans la défaite. C’est te déclarer la guerre. Te démasquer. M’inspirer de ta destruction, te détruire à mon tour. Je cherche, je fouille, je guette, j’observe tous tes gestes, tes actes, tes mots, tes phrases incohérentes, tout ce qu’est devenu ton corps changé en outil public. Je suis tous tes mouvements, tes pas et tes chutes. Je ressens tes peurs et tes angoisses. Nous devons tomber et nous allons tomber ensemble. Et ainsi je vais te sauver.

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